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Bourse & investissement

Actions ou ETF : faut-il choisir ses actions soi-même quand on débute en bourse ?

Mécanismes, risques et questions à se poser avant de commencer

Introduction : la question que tout débutant se pose

Vous entendez parler de bourse et vous vous dites : « Je connais bien Apple, Amazon ou TotalEnergies, pourquoi ne pas acheter leurs actions directement ? » C'est une réflexion naturelle. Mais d'autres vous parlent d'ETF (Exchange Traded Fund, ou fonds indiciel coté : un panier d'actions qui suit automatiquement un indice boursier, comme le CAC 40 ou le S&P 500). Alors, que choisir quand on démarre ? Cet article vous explique les mécanismes, les risques et les questions à vous poser — sans vous dire quoi faire.

C'est quoi, une action ?

Une action, c'est un titre de propriété. Quand vous achetez une action d'une entreprise, vous en devenez actionnaire, c'est-à-dire copropriétaire d'une toute petite part. Si l'entreprise se porte bien, la valeur de votre action peut monter. Si elle rencontre des difficultés, elle peut baisser — parfois jusqu'à zéro si l'entreprise fait faillite.

Acheter des actions en direct signifie que vous choisissez vous-même les entreprises dans lesquelles vous placez votre argent. C'est ce qu'on appelle la gestion individuelle de titres.

À savoir : Investir en actions comporte un risque de perte en capital. La valeur d'une action peut baisser fortement et rapidement. Selon l'Autorité des marchés financiers (AMF), les investisseurs particuliers qui tradent activement perdent de l'argent dans leur grande majorité. Il est possible de perdre tout ou partie des sommes investies.

C'est quoi, un ETF ?

Un ETF (aussi appelé tracker) est un fonds qui regroupe automatiquement des dizaines, des centaines, voire des milliers d'actions. Il « suit » un indice boursier de référence. Par exemple :

Quand vous achetez une part d'ETF, vous achetez un peu de toutes ces entreprises d'un seul coup, en une seule opération. Les frais de gestion annuels d'un ETF sont généralement très bas : souvent entre 0,05 % et 0,30 % par an (à titre indicatif), contre 1,5 % à 2,5 % pour un fonds géré activement par un gérant humain — des ordres de grandeur cohérents avec les données publiées par l'AMF.

À savoir : Un ETF n'est pas sans risque. Sa valeur fluctue avec le marché qu'il suit. Si les marchés baissent, la valeur de votre ETF baisse aussi. Il est possible de perdre une partie de votre capital, même avec un ETF très diversifié.

Le risque de concentration : le danger numéro un du débutant

Imaginez que vous placez 3 000 € en bourse et que vous les répartissez sur 3 actions : une entreprise technologique, une banque et un groupe pétrolier. Si l'une de ces trois entreprises publie de mauvais résultats ou fait face à un scandale, votre portefeuille peut perdre 30 % ou plus d'un coup.

C'est ce qu'on appelle le risque de concentration : quand votre argent est concentré sur peu d'entreprises (ou peu de secteurs), une seule mauvaise nouvelle peut faire très mal.

À l'inverse, la diversification consiste à répartir son épargne sur de nombreuses entreprises, secteurs et pays différents. Si l'une des entreprises d'un ETF MSCI World fait faillite, l'impact sur votre portefeuille est très faible.

Critère Actions en direct (3 à 10 titres) ETF (ex. : MSCI World)
Nombre d'entreprises 3 à 10 400 à 1 600+
Risque de concentration Élevé Faible
Frais de gestion annuels 0 % (mais frais de courtage à chaque achat/vente) 0,05 % à 0,30 % environ
Temps de suivi nécessaire Important (plusieurs heures par semaine) Faible (suivi passif possible)
Niveau de connaissance requis Élevé (analyse des entreprises) Courbe d'apprentissage plus courte
Contrôle sur les choix Total Aucun (l'indice décide)

Le temps : une ressource souvent sous-estimée

Choisir ses propres actions, ce n'est pas juste « acheter une action et attendre ». Cela demande :

Des études menées par l'AMF sur les comportements des investisseurs particuliers montrent que la majorité des personnes qui négocient fréquemment des actions en direct (trading actif) obtiennent des performances inférieures aux indices de marché sur le long terme. Gérer soi-même exige du temps, de la rigueur et une formation sérieuse.

Un ETF, lui, ne demande pas de suivi actif. Vous achetez des parts, vous les conservez, et l'ETF se rééquilibre seul selon l'indice qu'il suit. C'est ce qu'on appelle la gestion passive.

Un exemple concret pour visualiser la différence

Cas 1 — Marie, 28 ans, place 2 000 € sur 4 actions d'entreprises qu'elle connaît bien (500 € chacune). L'une d'elles perd 60 % de sa valeur suite à un rappel de produit massif. Marie perd 300 € sur ce seul titre, soit 15 % de son portefeuille total, en quelques semaines.

Cas 2 — Lucas, 31 ans, place les mêmes 2 000 € dans un ETF qui suit environ 1 400 à 1 600 entreprises mondiales. L'une de ces entreprises subit le même problème. L'impact sur le portefeuille de Lucas est quasi nul : cette entreprise représentait moins de 0,1 % de l'indice.

Ces exemples sont volontairement simplifiés. Ils ne signifient pas que l'ETF est « meilleur » dans tous les cas, ni que les actions en direct sont à éviter. Ils illustrent uniquement le concept de concentration du risque.

Et la fiscalité dans tout ça ?

Actions et ETF sont logés dans les mêmes enveloppes fiscales. La plus courante pour un débutant est le PEA (Plan d'Épargne en Actions : un compte spécial qui permet d'investir en bourse avec une fiscalité réduite après 5 ans). Son plafond de versements est de 150 000 € pour un PEA classique (selon service-public.fr). Après 5 ans de détention, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent).

Attention : tous les ETF ne sont pas éligibles au PEA. Seuls les ETF investis à au moins 75 % en actions d'entreprises de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen (ou répliquant un indice mondial via un mécanisme de swap) y sont acceptés. Renseignez-vous auprès de votre intermédiaire financier.

En dehors du PEA, les gains sur actions et ETF sont soumis à la flat tax (Prélèvement Forfaitaire Unique, ou PFU) de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu selon votre situation.

À retenir : Le PEA permet d'investir en actions ou en ETF éligibles avec une fiscalité allégée après 5 ans. Son plafond est de 150 000 €. En dehors du PEA, la flat tax de 30 % s'applique par défaut sur les gains. La fiscalité dépend de votre situation personnelle : consultez un conseiller agréé.

Questions fréquentes

Peut-on mélanger actions et ETF ?
Oui. Certains épargnants choisissent une base d'ETF pour assurer la diversification, et y ajoutent quelques actions d'entreprises qu'ils connaissent très bien. Il n'existe pas de règle universelle : cela dépend de vos objectifs, de votre temps disponible et de votre tolérance au risque.

Un ETF peut-il perdre toute sa valeur ?
C'est extrêmement rare pour un ETF très diversifié (MSCI World, par exemple), car il faudrait que la quasi-totalité des entreprises mondiales fasse faillite simultanément. En revanche, un ETF sectoriel très concentré (sur un seul pays ou un seul secteur) peut subir des pertes importantes.

Faut-il un gros capital pour commencer ?
Non. Certains courtiers (intermédiaires financiers agréés) permettent d'investir en ETF dès quelques dizaines d'euros par mois via des versements programmés. Vérifiez les conditions de chaque courtier agréé.

Pour qui ?

La gestion d'actions en direct peut convenir à des personnes qui :

La gestion via ETF peut convenir à des personnes qui :

Dans tous les cas, aucune approche n'est adaptée à tout le monde. Votre situation personnelle (revenus, horizon de placement, projets de vie, tolérance à la perte) est déterminante.

5 étapes concrètes pour se renseigner avant toute décision

  1. Se former gratuitement. Consultez les ressources pédagogiques de l'AMF (amf-france.org) et de La Finance Pour Tous (lafinancepourtous.com) — deux organismes publics qui proposent des guides gratuits sur la bourse, les ETF et les actions.
  2. Vérifier que votre intermédiaire est agréé. Avant d'ouvrir un compte, vérifiez que le courtier est enregistré sur le registre REGAFI (géré par la Banque de France) ou sur l'ORIAS (registre des intermédiaires en assurance, banque et finance). Méfiez-vous des plateformes non réglementées.
  3. Définir votre horizon de temps. Demandez-vous : « De combien d'années est-ce que je dispose avant d'avoir besoin de cet argent ? » Les placements en bourse sont généralement envisagés sur un horizon d'au moins 5 à 8 ans pour lisser les fluctuations (à vérifier selon votre situation).
  4. Évaluer votre tolérance au risque. Posez-vous la question : « Si mon placement perd 20 % en quelques semaines, quelle sera ma réaction ? » C'est une question que tout bon conseiller financier vous posera également.
  5. Consulter un professionnel agréé. Un conseiller en investissements financiers (CIF, enregistré auprès de l'AMF) ou votre conseiller bancaire peut vous aider à comprendre l'approche la mieux adaptée à votre profil. Cette étape est indispensable avant toute décision importante.

📚 Sources officielles

  1. AMF – Autorité des marchés financiers : comprendre les ETF et les fonds indiciels
  2. La Finance Pour Tous – Les ETF (trackers) : fonctionnement et risques
  3. Service-Public.fr – Plan d'épargne en actions (PEA) : plafonds et fiscalité
  4. AMF – Étude sur les comportements des investisseurs particuliers en bourse
  5. La Finance Pour Tous – La diversification d'un portefeuille boursier

Article rédigé avec assistance IA et vérifié sur sources officielles. Dernière mise à jour : 30 juillet 2026.

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