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Les bases de la donation et de la succession, simplement

Introduction : « Que va-t-il se passer avec mes biens quand je ne serai plus là ? »

C'est une question que beaucoup de Français repoussent, car elle touche à des sujets difficiles : la mort, l'argent, la famille. Pourtant, préparer sa succession — c'est-à-dire organiser la transmission de ses biens après son décès — peut éviter bien des conflits et des mauvaises surprises fiscales à ses proches.

La bonne nouvelle : il existe des règles précises et des outils concrets pour transmettre son patrimoine (ses biens, son épargne, ses placements) dans les meilleures conditions. Voici les bases à connaître, sans jargon.

La succession : ce qui se passe par défaut

Quand une personne décède, ses biens sont transmis à ses héritiers selon un ordre défini par la loi. On parle de succession légale. Les enfants héritent en priorité, puis les parents, puis les frères et sœurs, etc. Si la personne était mariée, le conjoint bénéficie aussi de droits importants.

Les héritiers doivent en principe payer des droits de succession (une sorte d'impôt calculé sur la valeur des biens reçus). Mais ces droits ne s'appliquent pas de la même façon pour tout le monde : tout dépend du lien de parenté et du montant transmis.

Bonne nouvelle : chaque héritier bénéficie d'un abattement (une somme déduite avant le calcul de l'impôt). En dessous de ce seuil, on ne paie rien.

Les abattements : la part transmise sans impôt

L'abattement, c'est simple : c'est le montant que vous pouvez recevoir en héritage (ou en donation) sans payer d'impôt. Voici les principaux abattements en vigueur :

Lien de parenté Abattement applicable
Enfant (ou parent) du défunt 100 000 € par enfant
Conjoint ou partenaire de PACS Exonération totale (aucun impôt)
Petit-enfant 31 865 €
Frère ou sœur 15 932 €
Neveu ou nièce 7 967 €
Personne sans lien de parenté 1 594 €

Source : service-public.fr, barème en vigueur au 1er janvier 2025.

Exemple concret : Paul décède et laisse 180 000 € à sa fille Marie. Marie bénéficie d'un abattement de 100 000 €. Elle ne paiera des droits de succession que sur 80 000 € (180 000 − 100 000). Le taux applicable dépend ensuite d'un barème progressif, dont la première tranche (jusqu'à 8 072 €) est taxée à 5 %, et qui monte progressivement jusqu'à 45 % au-delà de 1 805 677 €.

À retenir : Les abattements se renouvellent tous les 15 ans. Cela veut dire que si votre parent vous fait une donation de 100 000 € aujourd'hui, il pourra vous en faire une autre sans impôt dans 15 ans. C'est l'une des clés pour anticiper intelligemment.

La donation de son vivant : transmettre avant son décès

Une donation, c'est le fait de transmettre un bien ou de l'argent à quelqu'un de son vivant, volontairement et sans contrepartie. Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas réservé aux très grandes fortunes.

Il existe plusieurs formes de donation :

Exemple concret : Sophie, 72 ans, souhaite aider son fils Théo, 45 ans. Elle peut lui donner 100 000 € (abattement enfant) + 31 865 € (don familial de sommes d'argent) = 131 865 € totalement exonérés d'impôt, en une seule fois.

L'assurance-vie : un outil de transmission à part

L'assurance-vie est souvent présentée comme le couteau suisse de l'épargne française. En matière de succession, elle bénéficie d'un régime fiscal très particulier : les sommes transmises via l'assurance-vie ne font pas partie de la succession classique. Elles sont versées directement aux bénéficiaires désignés dans le contrat, selon des règles fiscales propres.

Pour les versements effectués avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement spécifique de 152 500 €. Au-delà, un prélèvement de 20 % s'applique (puis 31,25 % au-delà de 700 000 €), quel que soit le lien de parenté — ce qui est souvent plus favorable que les droits de succession classiques pour les personnes éloignées ou sans lien de parenté.

Pour les versements effectués après 70 ans, le régime est moins avantageux : seul un abattement global de 30 500 € s'applique (partagé entre tous les bénéficiaires), et le reste est réintégré dans la succession classique. Les intérêts produits restent, eux, exonérés.

À savoir : L'assurance-vie comporte des risques selon le type de contrat choisi. Sur un contrat en unités de compte (UC, c'est-à-dire des supports investis sur les marchés financiers comme des actions ou des obligations), le capital n'est pas garanti et peut baisser. À l'inverse, un contrat en fonds euros garantit le capital, mais offre des rendements plus faibles. La performance passée ne préjuge pas des performances futures.
À retenir : La clause bénéficiaire de votre assurance-vie est essentielle. C'est elle qui désigne qui recevra les fonds à votre décès. Si elle n'est pas rédigée avec soin (ou si elle est laissée à sa formulation standard), les sommes peuvent ne pas aller aux personnes que vous souhaitez vraiment avantager. Pensez à la vérifier régulièrement.

Pourquoi anticiper change tout

Beaucoup de familles découvrent le coût d'une succession au moment du décès, quand il est trop tard pour agir. Or, la loi offre de nombreux outils pour organiser les choses à l'avance.

Anticiper, c'est :

Pour qui cette préparation est-elle utile ?

Préparer sa succession n'est pas réservé aux personnes très aisées. Cela concerne :

Questions fréquentes

Doit-on obligatoirement passer par un notaire ?
Non, pas toujours. Un don manuel d'argent peut se faire sans notaire (mais doit être déclaré aux impôts). En revanche, pour toute donation de bien immobilier, pour rédiger un testament authentique ou une donation-partage, le notaire est obligatoire. Pour une succession complexe (famille recomposée, biens immobiliers, héritiers multiples), le notaire est vivement recommandé car il sécurise l'ensemble des démarches.

L'assurance-vie est-elle toujours avantageuse pour la transmission ?
Elle peut l'être, surtout pour les versements avant 70 ans ou pour transmettre à des personnes sans lien de parenté direct. Mais sa pertinence dépend de votre situation personnelle, de vos objectifs et des contrats disponibles. Selon votre situation, d'autres outils peuvent être plus adaptés.

Peut-on déshériter un enfant ?
Non, pas totalement. La loi française protège les enfants via la réserve héréditaire : une part minimale de la succession leur est garantie quoi qu'il arrive. Par exemple, avec deux enfants, chacun a droit à au moins un tiers de la succession. Le reste (la quotité disponible) peut être transmis librement à qui vous voulez.

Les étapes concrètes pour se renseigner

  1. Faites le point sur votre patrimoine : listez vos biens (logement, épargne, placements, assurance-vie), leur valeur approximative et à qui vous souhaitez les transmettre.
  2. Vérifiez vos clauses bénéficiaires sur vos contrats d'assurance-vie : sont-elles à jour ? Correspondent-elles à votre situation familiale actuelle ?
  3. Renseignez-vous sur les abattements disponibles : depuis quand date la dernière donation à vos proches ? Le délai de 15 ans est-il écoulé ?
  4. Consultez un notaire pour une analyse de votre situation personnelle. La première consultation peut permettre d'identifier les outils les plus adaptés à votre cas. Vous pouvez trouver un notaire sur notaires.fr.
  5. Posez-vous les bonnes questions : ma situation familiale est-elle « standard » (marié, enfants communs) ou particulière (famille recomposée, concubinage, enfant handicapé...) ? Les règles légales par défaut correspondent-elles à mes souhaits ?
À retenir : Donation et succession sont des sujets complexes, mais les bases sont accessibles à tous. Les abattements permettent de transmettre des sommes importantes sans impôt, à condition d'anticiper. L'assurance-vie joue un rôle spécifique hors succession classique. Et pour toute décision, un notaire est le professionnel de référence. Chaque situation familiale étant unique, il n'existe pas de solution universelle : il faut consulter un professionnel agréé avant toute démarche.

📚 Sources officielles

  1. Droits de succession et de donation – service-public.fr
  2. Abattements et barèmes des droits de mutation à titre gratuit – impots.gouv.fr
  3. Don familial de sommes d'argent – service-public.fr
  4. L'assurance-vie et la transmission du patrimoine – lafinancepourtous.com
  5. La réserve héréditaire et la quotité disponible – notaires.fr

Article rédigé avec assistance IA et vérifié sur sources officielles. Dernière mise à jour : 30 juillet 2026.

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