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Location courte durée (meublé de tourisme) après la loi Le Meur : ce qui change en 2026

Les nouvelles règles fiscales, administratives et urbanistiques applicables en 2026

Introduction : pourquoi la location courte durée a été encadrée

En quelques années, les plateformes de location de courte durée (Airbnb, Abritel, Booking…) ont transformé le marché locatif français. Dans certaines villes touristiques ou tendues, des milliers de logements ont basculé de la location classique vers la location saisonnière, alimentant la pénurie de logements disponibles à l'année et la hausse des loyers. La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, dite loi Le Meur (du nom de la députée Annaïg Le Meur, rapporteure du texte), est venue corriger ce déséquilibre en durcissant significativement les règles fiscales et administratives applicables aux meublés de tourisme (logements loués à des voyageurs pour des séjours de courte durée, à la nuit, à la semaine ou au mois, sans y élire domicile).

Cet article fait le point complet sur les changements en vigueur en 2026, chiffres à l'appui.

À retenir : La loi Le Meur est promulguée le 19 novembre 2024. Ses principales mesures fiscales s'appliquent aux revenus perçus à compter du 1er janvier 2025, déclarés en 2026. Les règles urbanistiques et locales sont entrées progressivement en vigueur depuis 2025.

Rappel : qu'est-ce qu'un meublé de tourisme ?

Un meublé de tourisme est un logement loué (ou proposé à la location) à une clientèle de passage qui n'y élit pas domicile, pour une durée maximale de 90 jours consécutifs par locataire. Il peut s'agir d'un appartement, d'une maison, d'un studio ou d'une chambre. On distingue deux catégories :

Sur le plan fiscal, les revenus tirés de cette activité relèvent des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), et non des revenus fonciers. Deux régimes d'imposition sont possibles : le régime micro-BIC (simplifié, avec un abattement forfaitaire sur les recettes) et le régime réel (déduction des charges et amortissements réels).

Les nouveaux abattements micro-BIC après la loi Le Meur

Le régime micro-BIC permet, sous certains plafonds de chiffre d'affaires, de déduire forfaitairement un pourcentage des recettes brutes pour obtenir le bénéfice imposable, sans avoir à justifier charge par charge. C'est le changement le plus immédiatement visible pour les propriétaires.

Avant la loi Le Meur (jusqu'aux revenus 2022)

Avant la réforme, le régime micro-BIC pour les meublés de tourisme était particulièrement attractif, surtout pour les classés :

Type de meubléSeuil micro-BICAbattement forfaitaire
Meublé de tourisme classé (et chambres d'hôtes)188 700 €71 %
Meublé de tourisme non classé77 700 €50 %
Location nue (revenus fonciers, micro-foncier)15 000 €30 %

Un abattement de 71 % signifiait que seuls 29 % des loyers encaissés étaient soumis à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux (17,2 %). Pour un propriétaire avec une Tranche Marginale d'Imposition (TMI — le taux auquel est imposé le dernier euro de revenu) à 30 %, la charge fiscale effective n'était que de 8,4 % des recettes brutes (29 % × (30 % + 17,2 %)). Un avantage considérable par rapport à la location nue.

Après la loi Le Meur : les nouveaux paramètres 2026

Type de meubléNouveau seuil micro-BICNouvel abattement
Meublé de tourisme classé (hors zones tendues)83 600 €50 %
Meublé de tourisme classé (zones tendues*)83 600 €30 % + 21 % supplémentaires sous conditions
Meublé de tourisme non classé15 000 €30 %
Location nue (micro-foncier, inchangé)15 000 €30 %

* Les zones tendues sont définies par décret : il s'agit des communes où la demande locative excède structurellement l'offre, notamment Paris et la petite couronne, ainsi qu'une liste de communes à forte pression touristique ou résidentielle.

À savoir : Pour les meublés de tourisme non classés, le seuil micro-BIC passe de 77 700 € à 15 000 €, soit une division par cinq. Les propriétaires dont les recettes annuelles dépassent 15 000 € sont désormais obligatoirement soumis au régime réel, ce qui nécessite une comptabilité plus rigoureuse et, souvent, l'appui d'un expert-comptable.

Exemple chiffré : l'impact concret sur un propriétaire non classé

Situation : Marie loue son appartement à Bordeaux sur Airbnb. Elle encaisse 24 000 € de loyers par an. Sa TMI est de 30 %.

En dessous de 15 000 € de recettes, si Marie reste au micro-BIC non classé, l'abattement est désormais de 30 % (contre 50 % auparavant), ce qui augmente sensiblement la base imposable.

L'enregistrement obligatoire et les nouveaux pouvoirs des maires

Le numéro d'enregistrement : désormais incontournable

La loi Le Meur généralise et renforce l'obligation d'enregistrement préalable auprès de la commune avant toute mise en location. Ce numéro doit figurer sur toutes les annonces en ligne. Les plateformes ont l'obligation de le vérifier et de bloquer ou retirer les annonces non conformes.

La procédure d'enregistrement s'effectue en ligne via le téléservice national. Elle comprend notamment une déclaration de résidence principale ou secondaire du logement, information cruciale car les règles diffèrent selon ce statut.

Des pouvoirs municipaux élargis

La loi donne aux maires des outils inédits pour réguler la location courte durée sur leur territoire :

À savoir : Les règles locales varient fortement d'une commune à l'autre. Avant tout projet, il est indispensable de vérifier le Plan Local d'Urbanisme (PLU) et le règlement de copropriété, et de se renseigner auprès de la mairie. Une mise en location sans enregistrement préalable expose à des amendes pouvant atteindre 5 000 € par annonce non conforme.

Le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) : une nouvelle contrainte

La loi Le Meur introduit des obligations progressives de performance énergétique pour les meublés de tourisme, alignées sur le calendrier applicable aux locations nues :

Cette mesure vise à éviter que le secteur touristique ne devienne un refuge pour des biens devenus impossibles à louer dans le parc locatif classique.

À savoir : Si vous possédez un bien énergivore (classe F ou G), le coût des travaux de rénovation nécessaires pour maintenir la location doit être intégré dans votre calcul de rentabilité. Selon votre situation personnelle, vous devriez anticiper ces investissements et consulter des diagnostiqueurs certifiés pour estimer le coût des travaux.

Comparaison fiscale : location courte durée vs location longue durée en 2026

Pour aider à comprendre les enjeux, voici un tableau comparatif des principaux régimes en 2026 :

CritèreMeublé tourisme non classé (LCD)Meublé tourisme classé (LCD)Location meublée longue durée (LMNP)Location nue (revenus fonciers)
Régime simplifiéMicro-BIC 30 %, seuil 15 000 €Micro-BIC 50 %, seuil 83 600 €Micro-BIC 50 %, seuil 77 700 €Micro-foncier 30 %, seuil 15 000 €
Régime réelBIC réel (charges + amortissement)BIC réel (charges + amortissement)BIC réel (charges + amortissement)Régime réel foncier (charges, pas d'amortissement du bâti)
Amortissement du bienOui (régime réel)Oui (régime réel)Oui (régime réel)Non
Taxe de séjourOui (collectée par la plateforme)OuiNonNon
Durée de locationCourte (90 j max/locataire)Courte (90 j max/locataire)1 an minimum (bail mobilité : 1 à 10 mois)1 an minimum (3 ans pour les sociétés)
Règles de nuitées annuellesSelon la communeSelon la communeIllimitéIllimité

LCD = Location Courte Durée. LMNP = Loueur en Meublé Non Professionnel (statut fiscal pour les propriétaires dont les recettes locatives meublées n'excèdent pas 23 000 € par an ou restent inférieures aux autres revenus d'activité du foyer). LMP = Loueur en Meublé Professionnel (au-delà de ces seuils).

Exemple chiffré : comparaison sur 20 000 € de revenus annuels

Propriétaire avec TMI à 30 %, 20 000 € de recettes annuelles :

ScénarioBase imposableIR (30 %)PS (17,2 %)Total charges fiscales
Meublé tourisme non classé — micro-BIC 30 %14 000 €4 200 €2 408 €6 608 €
Meublé tourisme classé — micro-BIC 50 %10 000 €3 000 €1 720 €4 720 €
Location nue — micro-foncier 30 %14 000 €4 200 €2 408 €6 608 €

Calcul simplifié hors déductions spécifiques, hors cotisations sociales LMP, hors CFE (Cotisation Foncière des Entreprises). PS = Prélèvements Sociaux à 17,2 %.

Ce tableau illustre pourquoi l'obtention du classement devient un levier fiscal central après la loi Le Meur : l'écart entre classé et non classé s'est creusé, passant d'un différentiel de 21 points d'abattement (71 % vs 50 %) à 20 points (50 % vs 30 %), tout en s'accompagnant d'un effondrement du seuil pour les non-classés.

Le régime réel BIC et l'amortissement : une alternative à étudier

Pour les propriétaires dont les charges réelles sont élevées (intérêts d'emprunt, travaux, charges de copropriété, assurances, frais de gestion), le régime réel BIC peut s'avérer plus avantageux que le micro-BIC, quel que soit le type de location meublée.

La grande particularité du régime réel en meublé est la possibilité de pratiquer l'amortissement du bien immobilier et des meubles selon la méthode par composants (doctrine BOFiP — Bulletin Officiel des Finances Publiques — applicable aux immeubles de placement). Concrètement :

À savoir : Le régime réel BIC implique des obligations comptables significatives (bilan, compte de résultat, liasse fiscale). Le recours à un expert-comptable est fortement recommandé. Par ailleurs, les amortissements déduits viennent minorer le prix de revient fiscal lors de la revente, ce qui peut augmenter la plus-value imposable — sauf exonérations applicables selon la durée de détention (article 151 septies du CGI pour les LMP, régime des plus-values des particuliers pour les LMNP).

Les nouvelles obligations des plateformes numériques

La loi Le Meur renforce également les obligations des plateformes de type Airbnb, Abritel ou Booking :

Questions fréquentes

Mon bien n'est pas encore classé : quelles démarches pour obtenir le classement ?

Le classement des meublés de tourisme est délivré par des organismes accrédités. La liste est disponible sur le site Atout France. L'organisme réalise une visite et attribue une note (1 à 5 étoiles) selon une grille de critères portant sur la surface, le confort, les équipements, l'accessibilité et la qualité environnementale. Le coût d'une visite varie généralement entre 150 € et 400 € selon la taille du logement. Consultez directement les organismes accrédités pour connaître la durée de validité de votre classement.

Ma commune a-t-elle déjà adopté des règles plus restrictives ?

Depuis 2025, de nombreuses communes touristiques (Paris, Nice, Bordeaux, Annecy, Saint-Malo, etc.) ont activé les nouveaux outils offerts par la loi Le Meur. Il est indispensable de consulter directement le service urbanisme de la commune concernée ou le site officiel de la mairie pour connaître les règles locales précises.

Dois-je m'immatriculer au RCS (Registre du Commerce et des Sociétés) ?

Un loueur en meublé, qu'il soit LMNP ou LMP, doit effectuer une déclaration d'activité (formulaire P0i ou via le guichet unique des formalités d'entreprise). Pour les LMNP (recettes inférieures à 23 000 € ou représentant moins de 50 % des revenus du foyer), l'immatriculation au RCS n'est en principe pas requise depuis la loi de finances pour 2024, mais la déclaration d'activité reste obligatoire.

La SCI (Société Civile Immobilière) est-elle compatible avec la location meublée de tourisme ?

Une SCI (Société Civile Immobilière — société dont l'objet est la gestion d'un patrimoine immobilier) soumise à l'impôt sur le revenu (IR) peut exercer une activité de location meublée, mais elle bascule alors dans la catégorie des sociétés à caractère commercial, perdant son statut de SCI « transparente ». Une SCI à l'IS (Impôt sur les Sociétés) peut en revanche pratiquer la location meublée et amortir le bien. La structure juridique optimale dépend de nombreux paramètres patrimoniaux ; un notaire ou un expert-comptable spécialisé doit être consulté.

Pour qui ces nouvelles règles changent-elles vraiment la donne ?

Étapes concrètes et neutres pour faire le point sur votre situation

  1. Vérifiez le statut de votre commune : consultez le site de votre mairie et renseignez-vous sur l'existence de règles locales (zone de compensation, quota de nuitées, secteurs réglementés). Source : service-public.fr, rubrique « Location saisonnière ».
  2. Évaluez vos recettes annuelles : si elles dépassent 15 000 €, anticipez le passage au régime réel BIC en recueillant l'ensemble de vos justificatifs de charges et en vous rapprochant d'un expert-comptable.
  3. Renseignez-vous sur le classement : contactez un organisme accrédité pour obtenir un devis de visite. Comparez le coût du classement au gain fiscal potentiel sur plusieurs années.
  4. Faites réaliser un DPE par un diagnostiqueur certifié si vous n'en disposez pas, pour anticiper les obligations à venir et identifier les éventuels travaux nécessaires.
  5. Consultez un professionnel agréé (notaire, expert-comptable, conseiller en gestion de patrimoine — CGP) avant toute décision d'investissement, de changement de régime fiscal ou de restructuration juridique. Chaque situation est unique et les arbitrages dépendent de votre TMI, de votre patrimoine global, de vos objectifs et de votre horizon de détention.
À retenir : La loi Le Meur marque un tournant pour la location courte durée en France. Le régime fiscal privilégié des meublés de tourisme non classés est fortement rogné, les pouvoirs des maires sont élargis, et les obligations administratives se renforcent. Le classement du bien et/ou le passage au régime réel BIC avec amortissement deviennent les deux leviers à étudier sérieusement — avec l'aide d'un professionnel — pour optimiser la situation dans le cadre légal. Le bon choix dépend de la situation personnelle, locale et patrimoniale de chaque propriétaire.

📚 Sources officielles

  1. Service-public.fr — Location d'un meublé de tourisme
  2. Impots.gouv.fr — Régime micro-BIC et revenus de location meublée
  3. Légifrance — Loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 (loi Le Meur)
  4. BOFiP — Amortissement par composants des immeubles de placement (BOI-BIC-AMT-10-40)
  5. ANIL — Meublés de tourisme : réglementation et fiscalité

Article rédigé avec assistance IA et vérifié sur sources officielles. Dernière mise à jour : 30 juillet 2026.

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