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L'investissement immobilier locatif décrypté
Investissement locatif

Rendement locatif net : comment le calculer vraiment

Formule complète, charges cachées et benchmark 2025 par ville

Introduction

« Mon appartement rapporte 6 % » : cette affirmation, entendue dans la plupart des discussions entre investisseurs, cache presque toujours un calcul incomplet. Le rendement brut — loyer annuel divisé par prix d'acquisition — est facile à calculer, mais il ne dit rien de ce que vous allez réellement empocher. Entre les charges de copropriété, la taxe foncière, les vacances locatives, les frais de gestion et la fiscalité sur les revenus, la chute de la rentabilité brute vers la rentabilité nette peut atteindre 2 à 3 points de pourcentage. Cet article vous donne la formule complète, les postes de dépenses systématiquement oubliés, et un benchmark actualisé en 2025 par grande ville française.

Les trois niveaux de rendement à distinguer

Avant d'entrer dans la formule, il est indispensable de clarifier le vocabulaire, souvent utilisé à tort et à travers.

Niveau Formule simplifiée Ce qu'il ignore
Rendement brut (Loyer annuel / Prix d'achat) × 100 Toutes les charges, la fiscalité
Rendement net de charges ((Loyer annuel − Charges) / Prix total) × 100 La fiscalité sur les revenus
Rendement net-net (après fiscalité) ((Loyer − Charges − Impôts) / Prix total) × 100 Rien : c'est le vrai indicateur

Seul le rendement net-net vous permet de comparer honnêtement deux investissements ou de le confronter à d'autres placements (assurance-vie, SCPI, livret A à 1,5% depuis le 1 er Février 2026).

La formule complète du rendement net

Numérateur : les revenus réels encaissés

Partez du loyer annuel théorique (loyer mensuel × 12), puis déduisez :

Dénominateur : le prix total d'acquisition

Le dénominateur n'est jamais le seul prix de vente. Il comprend :

À retenir : Sur un bien affiché à 200 000 €, le coût total réel avec frais de notaire (8 %) et 10 000 € de travaux dépasse 226 000 €. Calculer le rendement sur 200 000 € surestime la rentabilité de plus de 13 %.

Les 8 charges que les investisseurs oublient

1. La taxe foncière

Elle a augmenté de manière générale et significativement ces dernières années. Sur un T2 à Paris, elle dépasse souvent 1 200 €/an. À Bordeaux ou Nantes, comptez entre 600 € et 900 €/an.

2. Les charges de copropriété non récupérables

Seule une partie des charges de copropriété est récupérable sur le locataire (liste fixée par décret). Les charges dites « propriétaire » — honoraires syndic, travaux de parties communes, ravalement — restent à votre charge et représentent en moyenne 30 à 40 % du total des charges de copropriété.

3. Les frais de gestion locative

Si vous confiez la gestion à une agence : 6 à 10 % des loyers TTC, plus souvent 1 mois de loyer pour la mise en location. La gestion en ligne (Foncia, Nexity Digital, etc.) descend à 3,9–5 % mais facture les états des lieux séparément.

4. L'assurance propriétaire non occupant (PNO)

Obligatoire en copropriété depuis la loi Alur. Comptez entre 100 € et 250 €/an selon la surface et la ville.

5. La garantie loyers impayés (GLI)

Optionnelle mais prudente : son coût oscille entre 2 et 3,5 % des loyers annuels TTC.

6. Les travaux d'entretien et remise en état

La règle empirique des experts patrimoniaux : provisionner 1 % de la valeur du bien par an. Sur un bien à 200 000 €, c'est 2 000 €/an en moyenne lissée (chauffe-eau, peinture, électroménager en meublé…).

7. La CFE (Cotisation Foncière des Entreprises)

Due par les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) imposés dans la catégorie BIC. Son montant varie fortement selon la commune et la valeur locative : de 100 € à plus de 1 500 €/an.

8. Les intérêts d'emprunt (si financement à crédit)

Souvent confondus avec un « avantage fiscal », les intérêts restent une charge réelle de trésorerie. Les taux de crédit immobilier varient selon les profils et les conjonctures.

Qui est concerné

Cette méthode de calcul s'applique à :

Ne sont pas directement concernés par ce calcul :

Benchmark des rendements nets par ville en 2025

Ces estimations sont basées sur les données de marché (prix au m², loyers de marché) croisées avec les charges moyennes constatées :

Ville Rendement brut moyen Rendement net de charges Rendement net-net (TMI 30 %)
Paris (75)3,2 %2,1 %1,2 %
Lyon (69)4,1 %2,8 %1,7 %
Bordeaux (33)4,5 %3,1 %1,9 %
Nantes (44)4,8 %3,4 %2,1 %
Toulouse (31)5,2 %3,7 %2,4 %
Rennes (35)5,0 %3,5 %2,2 %
Montpellier (34)5,5 %3,8 %2,5 %
Saint-Étienne (42)8,5 %5,8 %3,9 %
Le Mans (72)7,8 %5,3 %3,5 %
Mulhouse (68)9,2 %6,0 %3,8 %
À retenir : À Mulhouse ou Saint-Étienne, le rendement brut dépasse 8 %, mais le risque de vacance locative y est structurellement plus élevé (tension du marché locatif plus faible). Le rendement net-net se rapproche finalement de celui de villes plus sûres. Le rendement brut élevé n'est pas un indicateur de sécurité.

Calendrier

Les éléments réglementaires et fiscaux qui influencent le calcul du rendement net :

DateÉvénementImpact sur le rendement net
1er janvier 2025Interdiction de location des logements classés G (DPE)Coût travaux à intégrer au dénominateur du rendement
1er janvier 2028Interdiction de location des logements classés F (DPE)Idem — impact majeur sur le parc ancien
Évolutions fiscales en coursRégime LMNP et amortissementsImpact variable selon les réformes fiscales
1er janvier 2034Interdiction de location des logements classés E (DPE)À anticiper dès l'acquisition pour valoriser le coût de rénovation

Ce qui est acquis vs ce qui reste incertain

✅ Acquis

⚠️ Encore incertain

3 actions concrètes pour tout investisseur

  1. Refaites votre calcul avec le prix total réel (prix + frais notaire + travaux + frais bancaires) : c'est le seul dénominateur valide.
  2. Provisionnez systématiquement 1 % de la valeur du bien par an pour l'entretien, et appliquez une vacance locative de 3 % minimum même en zone tendue.
  3. Comparez toujours le rendement net-net à votre TMI : un rendement brut de 6 % peut descendre à 2 % net-net à la TMI de 41 %, ce qui rend le placement moins attractif qu'une assurance-vie bien arbitrée.
  4. Intégrez le coût de la mise aux normes DPE dès le compromis : un bien classé F ou G exige une rénovation estimée entre 15 000 € et 40 000 € selon la surface, à intégrer dans votre calcul de rendement.
  5. Comparez les régimes fiscaux avant d'acheter : location nue (régime réel), LMNP (BIC réel avec amortissements), ou SCI à l'IS — chacun donne un rendement net-net différent pour le même bien.

📚 Sources officielles

  1. ANIL – Agence Nationale pour l'Information sur le Logement : fiches pratiques bailleur
  2. Service-public.fr – Charges récupérables sur le locataire
  3. Service-public.fr – Taxe foncière : qui la paie et comment est-elle calculée
  4. Notaires de France – Frais d'acquisition immobilière
  5. Banque de France – Taux d'intérêt des crédits immobiliers aux particuliers

Article rédigé avec assistance IA et vérifié sur sources officielles. Dernière mise à jour : 26 mai 2026.

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