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L'investissement immobilier locatif décrypté
Réglementation

Loi Climat 2026 : ce qui change vraiment pour les bailleurs

Calendrier des interdictions, gel des loyers, audit énergétique et MaPrimeRénov' : le point complet pour les propriétaires bailleurs

Introduction

Promulguée le 22 août 2021, la loi Climat & Résilience (n° 2021-1104) constitue la réforme la plus structurante jamais imposée aux propriétaires bailleurs en France. Elle fixe un calendrier d'interdictions progressives de location basé sur l'étiquette DPE, gèle les loyers des logements énergivores et conditionne l'accès aux aides de rénovation à un saut de classe énergétique effectif. En 2026, les premières interdictions sont en vigueur depuis plus d'un an : il est urgent de faire le point sur ce qui s'applique aujourd'hui et sur ce qui attend les bailleurs d'ici 2034.

Le DPE opposable : rappel du socle réglementaire

Depuis le 1er juillet 2021, le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) est devenu opposable juridiquement : un locataire peut engager la responsabilité du bailleur si le DPE communiqué s'avère erroné. Le nouveau DPE repose sur une méthode de calcul unifiée dite « 3CL » (Calcul de la Consommation Conventionnelle des Logements), exprimée en kWh/m²/an d'énergie primaire et en kg CO₂/m²/an. Les seuils de classes (A à G) sont définis par l'arrêté du 31 mars 2021.

Un logement classé F ou G est désormais qualifié de « passoire thermique ». On estime à environ 5,2 millions le nombre de logements concernés en France, dont près de 1,8 million sont des logements locatifs privés.

⚠️ À retenir : Le DPE doit dater de moins de 10 ans pour être valable. Les DPE réalisés entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2017 ont expiré le 31 décembre 2022 ; ceux réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont expiré le 31 décembre 2024. Tout bailleur dont le DPE est expiré doit en commander un nouveau immédiatement.

Calendrier

La loi Climat & Résilience instaure trois vagues d'interdiction de mise en location, auxquelles s'ajoutent le gel des loyers et l'obligation d'audit :

Date Mesure Logements concernés
25 août 2022 Gel des loyers F et G à la relocation, au renouvellement ou lors de la révision annuelle. Étiquettes F et G, sur tout le territoire national (et non plus seulement en zones tendues).
1er janvier 2023 Audit énergétique obligatoire lors de toute vente d'une maison individuelle ou immeuble entier en monopropriété classé F ou G. Logements F et G en vente individuelle ou immeubles entiers.
1er novembre 2024 Audit énergétique obligatoire lors de la vente étendu aux logements en copropriété. Logements F et G en copropriété mis en vente.
1er janvier 2025 Interdiction de mise en location des logements classés G+ (consommation > 450 kWh/m²/an en énergie finale). Les pires logements G (seuil mesuré en énergie finale).
1er janvier 2028 Interdiction de mise en location de tous les logements classés F. Étiquette F (entre 331 et 420 kWh/m²/an d'énergie primaire).
1er janvier 2034 Interdiction de mise en location des logements classés E. Étiquette E (entre 251 et 330 kWh/m²/an d'énergie primaire).

Note : L'interdiction s'applique de plein droit à la conclusion d'un nouveau contrat, mais la jurisprudence considère désormais que le renouvellement tacite d'un bail existant après la date butoir oblige également le bailleur à fournir un logement décent énergétiquement.

Qui est concerné

Bailleurs directement visés

Cas non concernés ou spécificités

Le gel des loyers F et G : mécanisme concret

Depuis le 25 août 2022, sur l'ensemble du territoire national, le bailleur d'un logement classé F ou G ne peut plus augmenter le loyer :

Concrètement, si un appartement classé F est loué 900 €/mois, le bailleur ne peut pas porter ce loyer à 927 € lors de l'échéance annuelle ou du renouvellement, même si l'IRL a progressé de +3 %. Le loyer reste bloqué à 900 € jusqu'à ce que le logement atteigne au moins la classe E après travaux.

L'audit énergétique obligatoire : qui, quand, combien ?

Champ d'application

L'audit énergétique est distinct du DPE. Il est exigé uniquement lors de la vente d'un bien immobilier (pas lors de sa mise en location) classé F ou G :

Contenu et coût

L'audit doit être réalisé par un professionnel certifié. Il détaille :

Le coût d'un audit réglementaire varie généralement entre 500 € et 1 000 € pour une maison individuelle, et peut dépasser 2 500 € pour un immeuble complet.

Articulation avec MaPrimeRénov'

Le principe du saut de classe

Depuis la refonte globale de MaPrimeRénov', le dispositif s'articule autour de deux parcours principaux :

Spécificités pour les bailleurs

Les propriétaires bailleurs (personnes physiques) ont accès à ces aides sous réserve de s'engager à louer le bien à titre de résidence principale pendant une durée minimale de 6 ans après la fin des travaux. Les barèmes de subventions sont calculés sur la base des revenus fiscaux du propriétaire (et non du locataire). Les logements interdits à la location peuvent initier ces démarches auprès de l'Anah, à condition que la réoccupation ou relocation n'intervienne qu'une fois les travaux validés.

📊 À retenir : Pour un logement G loué 700 €/mois, l'équation économique est immédiate : le gel du loyer paralyse la rentabilité, tandis que les travaux de rénovation globale coûtent en moyenne entre 15 000 € et 40 000 € selon le type de bien. Mobiliser le parcours d'ampleur permet d'amortir massivement cet investissement tout en pérennisant la valeur verte de son patrimoine.

Ce qui est acquis vs ce qui reste incertain

Ce qui est définitivement acquis (textes publiés et en vigueur)

Ce qui reste en débat ou en attente de jurisprudence (en 2026)

5 actions concrètes pour les bailleurs en 2026

  1. Auditer la validité de vos DPE : Tout diagnostic réalisé sous l'ancienne méthode (avant le 1er juillet 2021) est définitivement caduc. Un nouveau DPE 3CL est requis.
  2. Analyse le double seuil : L'étiquette finale de votre bien est déterminée par la moins bonne de ses deux notes (consommation énergétique vs émissions de CO₂). Changer un mode de chauffage polluant peut parfois suffire à faire sauter une classe.
  3. Respecter scrupuleusement le gel des loyers : N'appliquez aucune révision d'IRL ou hausse à la relocation sur un logement F ou G sous peine d'une action en restitution (prescriptible sur 3 ans).
  4. Engager un parcours « Rénovation d'ampleur » sans tarder : Les enveloppes budgétaires d'État et les taux de prise en charge maximaux actifs sont opportuns, mais dépendent des arbitrages budgétaires annuels.
  5. Anticiper la vague 2028 : Un projet sérieux (audit, vote de copropriété, planification des artisans, réalisation) s'étale facilement sur 12 à 24 mois. Traiter vos biens classés F dès 2026 est la seule garantie de ne pas subir de vacance locative forcée en 2028.

📚 Sources officielles

  1. Loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (Climat & Résilience) — Légifrance
  2. DPE et interdiction de location des passoires thermiques — Service-Public.fr
  3. Audit énergétique obligatoire lors de la vente — Ecologie.gouv.fr
  4. MaPrimeRénov' rénovation d'ampleur — Anah / Ecologie.gouv.fr
  5. Gel des loyers des logements énergivores — ANIL
  6. Méthode de calcul DPE 3CL — ADEME

Article rédigé avec assistance IA et vérifié sur sources officielles. Dernière mise à jour : 30 mai 2026.

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